WILL SOCIETY : quand un espace permet à la dignité de circuler

Will Society, écosystème transgénérationnel, qui nous montre comment un écosystème digital peut soutenir ou fragiliser la dignité de celles et ceux qui y participent.

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La dignité n'est pas qu'une notion abstraite, c'est surtout une force qui nous redresse. Ce blog explore les parcours et initiatives qui l'incarnent, pour que chacun puisse la transformer en dynamique intérieure.

Cette interview est la 2eme d'une nouvelle série dans Les Échos de la Dignité. Je pars à la rencontre de personnes qui l’incarnent dans le réel _ dans un sport, sur un territoire, dans une organisation _ et qui, par leur tenue, déplacent des standards.

Aujourd’hui, le portrait n’est pas celui d’une personne mais celui d’un espace : WILL SOCIETY, un réseau intergénérationnel fondé par Clémence Halimi et Romane Berges.

Un écran partagé, trois lieux différents

Nous nous retrouvons sur Zoom. Trois fenêtres s’ouvrent sur trois mondes différents. Je suis à mon bureau. Clémence apparaît depuis une pièce sobre, minimaliste, le regard direct, précis. Romane, elle, se connecte depuis un lieu plus animé. On devine du passage derrière elle, un bruit lointain de vie.

La scène pourrait sembler ordinaire. Mais très vite, quelque chose attire mon attention : la manière dont elles se répondent. L’une commence une idée, l’autre la complète. Un regard, un sourire, un mot posé avec justesse. Le duo fonctionne comme un ballet.

On comprend rapidement que Will Society ne s’est pas construit sur une intuition isolée, mais sur une conversation qui dure depuis longtemps. 

J'entre dans la danse...


Comment WILL SOCIETY reconnaît ses membres avant de les évaluer

« Quand quelqu’un entre dans WILL SOCIETY pour la première fois, qu’est-ce qui, dans l’espace lui-même de cet écosystème, lui permet de se sentir reconnu avant d’être évalué ? »

Clémence prend la parole la première. Elle explique qu’avant même d’intégrer WILL SOCIETY, chaque personne rencontre l’une d’elles. Ce moment n’est pas un simple entretien : c’est une manière de vérifier l’alignement : expérience terrain, sensibilité à l’intergénérationnel, projection dans l’écosystème.

Puis elle décrit l’arrivée dans le réseau. Un onboarding personnalisé. Des groupes de pairs. Des formats d’échanges où chacun peut transmettre, tester, apprendre.

Mais très vite, Romane complète.

« Chez WILL SOCIETY, on enlève les casquettes professionnelles, les statuts sociaux et les étiquettes générationnelles. On valorise d’abord le potentiel humain. » _ Romane Berges

Dans cet espace, les rencontres ne commencent pas par un titre ou un CV. Elles commencent par une personne.


Libérer la parole en entreprise : ce que les membres osent dire chez WILL SOCIETY qu'ils n'oseraient pas ailleurs

« Dans cet espace, qu’est-ce que les personnes s’autorisent progressivement à dire, à proposer ou à refuser _ qu’elles n’oseraient pas ailleurs ? »

Romane réfléchit un instant. Puis elle raconte une scène qu’elle observe souvent lorsqu’elle intervient dans des entreprises : des équipes qui travaillent ensemble depuis des années… sans vraiment se connaître.

« Dans beaucoup d’entreprises, les gens travaillent ensemble tous les jours sans vraiment se connaître. Nous, on commence par l’humain. » _ Romane Berges

Chez WILL SOCIETY, les membres prennent le temps de comprendre ce qui a façonné le parcours de chacun : les déclics, les aspirations, les raisons profondes qui les ont conduits là. Cette conversation change la nature du lien. Les idées circulent plus librement. Les doutes aussi. La compétition laisse progressivement place à une autre logique : la contribution.


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Clémence Halimi et Romane Berges


Construire un collectif qui dure : la sélection comme acte de protection

« Pour que cette qualité de relation et de contribution tienne dans le temps, qu’est-ce qui doit être régulé ou protégé dans l’espace WILL SOCIETY ? »

La réponse arrive presque immédiatement. Romane explique que l’essentiel du travail se situe avant même l’entrée dans le réseau.

« 80 % de notre temps est consacré à la sélection des membres. C’est ce qui protège l’écosystème. » _ Romane Bergès

Le mot est posé : protéger. Un espace de confiance peut se construire vite. Mais il peut aussi se fragiliser tout aussi rapidement. Un membre opportuniste, une logique trop commerciale, un désalignement de valeurs...

C’est pourquoi l’équipe prend le temps d’examiner chaque profil, chaque rencontre.

Clémence acquiesce. Le marché lui-même, expliquent-elles, n’est pas encore totalement mûr pour ce type de modèle hybride.

WILL SOCIETY n'est ni club business, ni un cabinet de conseil ou encore un média... c'est plutôt un écosystème qui relie plusieurs mondes et qui demande parfois d’être expliqué avant d’être pleinement compris.


Le repère concret pour créer un espace plus juste en organisation

« Si une dirigeante, une entrepreneure ou une responsable d’équipe devait repartir avec un seul repère pour créer un espace plus juste dans son organisation, lequel ferait réellement la différence ? »

Clémence évoque alors l’un des formats centraux du réseau : les People Labs.

Des ateliers d’intelligence collective où des dirigeants, entrepreneurs ou experts viennent partager une problématique concrète. Les perspectives se croisent. Les expériences se confrontent et de nouvelles pistes apparaissent.

Puis Romane reprend la parole ouvrant sur des enjeux actuels.

« Avec l’IA et l’instabilité du monde, revenir à l’authenticité et à l’humain devient une urgence. » _ Romane Berges

Elle évoque une transformation plus profonde du monde du travail : la recherche de sens, l’arrivée des nouvelles générations, l’impact des technologies.

Face à ces mutations, une conviction demeure : les organisations devront recréer des espaces où les personnes peuvent se connaître réellement, comprendre leurs forces, leurs fragilités _ et apprendre à travailler ensemble. Un peu comme dans une équipe de sport.


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Rencontre présentielle


Ce que révèle ce portrait

Ce que révèle WILL SOCIETY, ce n’est pas seulement une initiative intergénérationnelle.  C’est la manière dont un espace, par son design, peut soutenir ou fragiliser la dignité de celles et ceux qui l’habitent.

Dans cet écosystème, la dignité circule à travers des choix concrets :

reconnaître la personne avant son statut 

créer des relations fondées sur l’humain 

protéger la qualité du collectif 

remettre l’authenticité au cœur des organisations


La dignité n’est pas seulement une affaire individuelle. Elle dépend aussi des espaces que nous concevons et de la manière dont ces espaces permettent à chacun de se tenir pleinement.

A propos de l'auteur

Fondatrice de la Voie de la Dignité et du cabinet Optima Dolce® Consulting, je suis l'auteure de la Fresque de la Dignité; un dispositif unique déployé auprès des individus et des organisations. J'anime également Les Échos de la Dignité : un blog qui part à la rencontre de personnalités qui contribuent à promouvoir la dignité d'un territoire, d'une marque, d'une institution.

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